Pétition contre la faim

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La fin, quelle faim ?

Nous parlerons de contraste, de contradiction. Plus ça change, plus c’est pareil. Plus on en parle, plus on en dit peu, et plus on fait semblant de l’ignorer, d’oublier. Pourtant, chaque seconde, plusieurs personnes meurent de faim dans certaines parties du monde, au moment même où ailleurs, d’autres brûlent ou jettent à la mer des centaines de millions de tonnes de surplus de production. Injustice ou non, c’est tout le contraste du problème de la faim, qui ne connaît toujours pas de fin !

Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 09:56
(Agence Science-Presse) – Depuis samedi, la planète n’a pas assez de qualificatifs négatifs pour résumer la Conférence de Copenhague. Mais celle-ci a tout de même accouché de bébés dont l’avenir est rempli de promesses pour tout le monde —y compris certains des plus féroces adversaires de la lutte contre les changements climatiques.

1. L’ancien monde, c’est fini!


Jusqu’ici, ceux qui menaient le jeu autour du climat étaient les puissances traditionnelles —c’est-à-dire les États-Unis, l’Europe, mais pas la Chine et encore moins les pays du Sud. Or, pour la première fois, on se retrouve devant un accord qui est le résultat d’un compromis entre les États-Unis et un groupe des plus gros pollueurs, dont la Chine.

Avant même ce compromis, l’Inde, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud avaient, pour la première fois de leur histoire, mis sur la table des cibles de réduction de gaz à effet de serre. C’est donc un début de virage depuis la vieille division Nord-Sud vers une nouvelle division « gros pollueurs versus les autres ».

 

Du moins, ça, c’est la vision qui va prévaloir aux États-Unis (comme ici et ici). D’un point de vue européen, et même canadien, certains jugent plutôt que ce ne sont plus les États-Unis et la Chine qui mènent le bal, mais juste la Chine.

 

2. Les sénateurs américains rassurés


Mais au moins, le fait que cette vision prévale du côté américain a de quoi amadouer le Sénat. Les élus, à Washington, auront l’impression que les États-Unis ont tenu leur bout, qu’ils ont même réussi à faire plier la Chine —en imposant l’idée d’un système de vérification des réductions des gaz à effet de serre— et l’absence de cibles contraignantes dans l’Accord de Copenhague —qui fait tant rager les écologistes— pourrait rassurer les sénateurs. Assez pour qu’ils votent le projet de loi sur le climat? C’est à suivre.

 

3. Cent milliards$ !


L’auront, l’auront pas? Les avis sont partagés quant au réalisme de l’aide aux pays les plus pauvres de 10 milliards$ par an jusqu’en 2020, soit un total de 100 milliards$, afin de les aider dans leur transition vers des énergies plus propres.

 

C’est le seul élément accueilli favorablement par les écologistes et les organismes non-gouvernementaux, encore qu’Oxfam ait fait état de ses doutes sur la façon dont les pays riches recueilleront cette somme. Et le New York Times a rappelé que « les pays les plus vulnérables sont traditionnellement les moins capables de transformer de l’argent en des projets efficaces sur le terrain ».

 

Mais dans tous les cas, a rappelé au Times le secrétaire général de l’ONU, c’est un grand pas en avant par rapport à la Conférence de Bali, en 2007, alors que les pays riches n’étaient même pas parvenus à s’entendre sur une aide financière. Cette fois, résume le directeur de Greenpeace Kumi Naidoo, a été reconnue « l’idée que les pays pauvres, eux qui ne sont aucunement responsables des changements climatiques, ont besoin d’aide pour s’adapter ».

Vision à long terme

Les discussions sur le climat évoluent-elles? Si oui, c’est sur le long terme qu’on peut le percevoir. Andrew Revkin, du New York Times, journaliste scientifique émérite qui a annoncé la semaine dernière, qu’il quittait le journalisme au quotidien pour consacrer « la deuxième moitié de sa vie » à l’enseignement et à l’expérimentation de nouveaux outils, dont son blogue, a publié au terme de la Conférence de Copenhague, un bilan où perçait une légitime frustration.

« Il a fallu 17 ans pour aller du Sommet de la Terre de 1992, où est né le premier traité sur le climat et une promesse d’éviter de dangereux changements climatiques induits par l’homme, jusqu’à Copenhague, où les pays ont essentiellement défini le mot « dangereux ». »

De son côté, l’auteur britannique Fred Pearce, qui s’appuie sur le même long terme, en dégage un peu plus d’optimisme : « ayant suivi les pourparlers sur le climat depuis le Sommet de la Terre en 1992, je suis de plusieurs façons étonné du chemin parcouru. Il aurait été difficile de prédire qu’en moins de deux décennies, des gouvernements discuteraient de réductions d’émissions de 50 ou même 80% d’ici le milieu du siècle. »

Mais Revkin n’oublie pas que, rien qu’au cours de sa carrière, la planète est passée de 4 milliards à 6 milliards et demi, en route vers 9 milliards. Dans l'immédiat, « la lente reprise de l’économie et la progression continue de la population garantissent que les émissions de gaz à effet de serre vont à nouveau croître. Cela garantit un réchauffement substantiel ainsi que —selon une masse de constats scientifiques construits sur des décennies de travaux indépendants des controverses récentes sur des courriels de scientifiques— des risques accrus. »

4. Et si on visait un degré et demi, plutôt que 2 degrés?


À la dernière minute, « dans la dernière phrase du dernier article », ironise le journaliste d’ABC News, il est dit qu’il faudrait « prendre en considération » la possibilité de viser une hausse maximale d’un degré Celsius et demi (par rapport au début du 19e siècle) plutôt que deux degrés (la cible traditionnelle). Ce petit quelque chose est le résultat du lobbying des états insulaires qui, si la tendance se maintient, seront rayés de la carte dans deux ou trois générations.

 

5. Et si on oubliait l’ONU?


Le chaos qui a marqué les derniers jours de la Conférence de Copenhague a déjà fait réfléchir sur ce qui serait le forum le plus adéquat pour les prochaines étapes. Même des optimistes face aux résultats de Copenhague, comme le politologue Andrew Light, jugent que ce processus, mis en place par l’Organisation des Nations Unies (UNFCCC, pour United Nations Framework Convention on Climate Change) n’est plus approprié. Pourquoi pas, propose-t-il, le G20 (les 20 nations les plus riches) ou ce regroupement récent de 17 pays appelé MEF (Major Economies Forum), qui se concentre sur l’environnement et l’énergie.

Nous n’avons pas besoin de 192 pays pour en arriver à une entente sur les limitations des émissions de carbone... Nous n’avons besoin que des pays responsables de 85% des émissions pour réussir à avancer.

Le journaliste environnemental Andrew Revkin, qui tire sa révérence du New York Times (voir encadré) ce 21 décembre, après deux décennies qui en ont fait un des journalistes scientifiques les plus respectés de la planète, ajoutait dans un de ses derniers textes :

Plusieurs spécialistes dans cette arène doutent que le moteur de tels changements soit la rencontre annuelle de milliers de diplomates globe-trotters, lobbyistes et partisans, tentant de construire à partir du pacte original sur le climat, l’UNFCCC.

Constat plus tranché encore du journaliste environnemental de La Presse, François Cardinal :

La conférence de Copenhague était la première rencontre de chefs d’État d’une telle ampleur... et probablement la dernière. Car on ne les reprendra plus à ce jeu dangereux, qui consiste à se réunir avant qu'une conclusion au sommet ne soit trouvée. Les négociateurs, habituellement, déblaient le terrain, puis passent le témoin à leur grand patron une fois la solution préparée. Mais pas cette fois. «Avant l'arrivée des chefs d'État, on était foutu», a confié l'ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde. Ce qui a obligé les leaders à faire eux-mêmes le sale boulot.

Les Nations Unies ne seront pas réformées de sitôt. Mais en attendant, les pays ont jusqu’au 1er février pour signer l’Accord de Copenhague. On devrait savoir rapidement à quoi s’en tenir.

Pascal Lapointe


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